Introduction :

La veille nous montions au sommet de la Malinche en compagnie de Jérémy et Lucas, deux jeunes hommes qui profitent de la vie mexicaine. Aujourd’hui nous rencontrons Jérémy et Lucas, deux jeunes entrepreneurs de 26 ans. Accompagnée de Rose la troisième associé, nous découvrons des profils similaires au nôtre : jeune, en sortie d’école de commerce et l’envie de découvrir le monde et de s’investir pour un projet qui leur tient à coeur. Pendant plusieurs heures nous avons échangés avec eux sur le passé, le présent et le futur de leur entreprise mais surtout sur la vision qu’ils ont de l’entrepreneuriat. Nous percevons chez eux pleins d’ambitions et l’impression d’être au bon endroit au bon moment avec devant eux un nombre de possibilités infinies. Nous leur souhaitons toute la réussite qu’ils méritent et nous ne pouvons qu’encourager leur façon d’appréhender le monde du travail.

Si vous voulez les contacter et profiter de leur offre, n’hésitez pas à liker leur page Facebook ou à leur envoyer un mail à contact@internshipwanted.com

Les questions soulevées :

Comment faire pour développer le plus rapidement son entreprise ?

Une solution classique dans le monde de l’entrepreneuriat c’est d’investir tous les revenus qu’on génère. Malheureusement cela n’est pas toujours possible car il faut avoir une source de revenus annexe pour pouvoir subvenir à ses besoins personnels. L’avantage qu’offre le Mexique c’est que le coût de la vie est assez faible donc en tant que français il est largement possible de s’assumer ici. Prendre un emploi et monter sa société est une possibilité mais les salaires étant bas et la durée légale du travail étant de 40 heures par semaine cela à de fortes chances de nuire au bon développement de votre entreprise.

Quelle localisation choisir ?

Si votre activité a un lien avec le milieu étudiant, Puebla représente une vraie possibilité. Située à moins de 2 heures au sud de Mexico, elle est la première ville étudiante du pays et offre un emplacement géographique idéal. Puebla offre tout ce qu’une ville de taille moyenne peut vous offrir : les avantages d’une grande ville tout en restant à taille humaine. De même, il faut savoir que les états frontaliers proposent une TVA inférieure aux autres états.

Quelle relation entretenir avec les français et les entrepreneurs expatriés ?

La chambre de commerce offre la possibilité de rencontrer des français dans le cadre du monde du travail ici mais des relations avec des expatriés de grands groupe n’aura pas forcément d’intérêt pour aider une aventure entrepreneuriale ici. Cependant depuis 2015/2016, un grand nombre de jeunes entrepreneurs français sont arrivés au Mexique et sont en train de créer un réel tissu entrepreneurial dans le pays qui pourra vous être utile. S’appuyer sur le réseau expatrié ne peut être qu’un avantage !

Quelles difficultés spécifiques au Mexique pourrez-vous rencontrer ?

Le problème des délais et très présent ici. Il faut savoir être patient et réagir à la moindre opportunité d’obtenir ce dont vous avez besoin pour avancer. De même, les mexicains ne savent pas dire “non”, ce qui complique tout accord commercial potentiel, il faut savoir décoder les vrais “oui”.

Quels avantages offrent le Mexique ?

Ici vous pourrez lancer votre activité, regarder si cela fonctionne et faire seulement ensuite les démarches administratives pour créer à proprement parler votre entreprise dans un délai de 6 mois. Cette possibilité peut vous permettre de gagner du temps et de l’argent si jamais votre projet n’aboutit pas.

Quelle place pour l’entrepreneuriat au Mexique ?

Le pays est en évolution constante et un renouveau est en train de naître dans le pays avec une jeunesse anti-corruption et qui demande à avoir des bonnes conditions de vie. Cet environnement est très favorable à l’entrepreneuriat qui représente une façon de travailler qui répond à cette demande d’émancipation.

Quelques conseils :

  • Toujours avoir une solution de secours au cas où. Cela peut passer par un diplôme ou une/des expériences professionnelles qui vous permettront de retrouver une situation stable en cas d’échec.
  • Commencer son entreprise le plus rapidement possible. Cela vous permettra si vous êtes encore étudiant de profiter d’une structure, d’avoir un filet de sécurité grâce à vos parents et de s’assumer financièrement de manière plus facile.
  • Associez vous avec la bonne personne. Quelqu’un avec qui vous avez la même vision, les mêmes attentes et les mêmes envies d’avancer dans la bonne direction selon vous. Au moment de vous associez pensez dès le début aux conditions de sorties si un des partenaires veut quitter la société.

Les erreurs à éviter :

  • Ne pensez pas qu’avec les réseaux sociaux votre activité va pouvoir décoller très vite. Le flux d’informations est tellement énorme qu’il est difficile de se faire une place et d’acquérir  une réelle notoriété sur les réseaux. Cela demande un réel investissement, financier et temporel.
  • Ne faites pas tout tout seul. Si vous n’êtes pas expert dans un domaine faites vous aider par quelqu’un qui l’est. Vous gagnerez à la fois du temps et de l’argent.

L’entretien :

Jeremy qui es-tu, qu’est ce qui t’as amené au Mexique et raconte nous d’où vient le projet ?

Jeremy : La première fois que j’arrive au Mexique c’est pour un échange dans le cadre de mon école de commerce au BBA Bordeaux. Ce n’était pas mon premier choix mais j’ai eu un réel coup de coeur. Pour mon stage de fin d’études j’ai voulu revenir et je me suis rendu compte que c’était super dur de trouver un stage de qualité et une entreprise à peu près correcte pour me prendre en stage. Donc à partir de là je prends la décision de faire un stage assez “cool” pour pouvoir me dégager du temps et vraiment me concentrer sur la création de mon entreprise. J’ai toujours eu l’esprit entrepreneurial même si j’avais pas forcément d’idée précise et qu’on était sur d’autres projets à Bordeaux avec Lucas. Mais l’idée de Internship Wanted c’est vraiment un cas d’école : on voyage, on rencontre une difficulté, on décide de créer une offre pour les autres personnes qui rencontreront la même difficulté. L’idée première de la boîte vient du fait que j’ai vécu moi-même une expérience incroyable ici au Mexique, donc dès qu’on a un client, notre but c’est de faire en sorte qu’il vive la même chose : on accompagne, on est joignable par WhatsApp du premier contact jusqu’à la fin de leur stage, et ce même si c’est du perso, pour demander des endroits à visiter au Mexique ou autre. Il ne faut pas oublier que comme notre clientèle est jeune, en plus du client, on a d’autres personnes à convaincre sans jamais les rencontrer, les parents. Quand t’es parent et que t’envoies ton enfant de 19 ans dans un pays comme le Mexique, tu es content de savoir qu’il a un contact sur place.

Lors de notre premier contact avec la personne, après qu’on se soit présenté, on cerne directement sa personnalité : si c’est quelqu’un qui a déjà beaucoup voyagé on peut directement parler des offres de stage avec un bref aperçu du Mexique, si c’est quelqu’un qui n’est jamais sorti de l’Europe on va un peu plus s’attarder sur comment est la vie ici.

Est-ce que tu peux expliquer exactement ce que vous proposez ?

J : On est une agence de placement donc on recherche des stages pour des étudiants contre rémunération. Il existe différents types de fonctionnement dans notre métier. Par exemple moi je trouve ça dégueulasse et contre-productif de demander des frais d’avance à un étudiant, d’autant plus que ça pousse à proposer des stages qui ne correspondent pas aux attentes du client (le stagiaire) afin de respecter la politique commerciale de l’entreprise et de ne pas avoir à rembourser qui que ce soit.

Donc nous on s’est dit qu’on allait proposer quelque chose de raisonnable au niveau des prix et sans frais d’avance, avec une simplicité d’utilisation et surtout un suivi très personnalisé. On s’est fixé comme objectif d’être le plus présent au Mexique, puis en Amérique Latine, pour pourquoi pas ensuite s’étendre plus. On favorise l’échange interculturel donc on a la chance d’avoir des étudiants du monde entier.

Raconte nous un peu les débuts de la société ?

J : Lucas et Rose m’ont rejoint par la suite et au début j’ai monté la boite avec deux autres associés : un mexicain qui était directeur commercial dans la logistique et une française qui était avocate ici. Au bout de quelques mois on s’est rendu compte que c’était un peu difficile de travailler ensemble parce qu’on avait pas la même patience avant de recevoir un premier salaire ou avant de voir l’évolution de l’entreprise. Après maintes discussions, nous avons convenu d’un rachat de leurs parts. Je n’ai pas monté ça tout seul car en sortie d’école, monter une entreprise à l’étranger ça peut vite devenir très compliqué (maturité professionnelle, connaissances des schémas légaux …). L’un des premiers freins pour monter son entreprise au Mexique en étant étranger, c’est l’obligation d’avoir un responsable légal mexicain, représentant une caution/garantie dans le pays.

Quand est-ce que Lucas et Rose ont rejoint la société ?

J : La première année a été très difficile pour moi : les soucis financiers persos et ceux de l’entreprise, la mésentente avec mes associés etc. En juillet 2018, j’étais au bord du gouffre et j’en avais un peu marre donc soit je trouvais une solution soit je partais. j’avais rencontré Rose et on avait toujours eu des idées business ensemble. Elle est arrivée à Puebla en août et elle cherchait un travail. Le hasard et les besoins ont fait qu’elle a commencé à bosser pour Internship Wanted et finalement s’est beaucoup investie. Je lui ai proposé de mettre de l’argent dans l’entreprise pour qu’on puisse avancer ensemble et valoriser son investissement personnel dans cette aventure. J’avais de même discuté de l’entreprise avec Lucas cet été là, qui avait déjà réalisé des séjours au Mexique. Ayant la même formation et l’habitude de bosser ensemble, l’idée de lui proposer de me rejoindre est venue tout naturellement.

Lucas : Le projet sur lequel je travaille depuis déjà quelques années (en France) n’arrêtait pas de prendre du retard pour des bêtises administratives. En apprenant cet été là que j’avais encore minimum 1 an devant moi pour avancer sur mon projet, je me suis penché sur la proposition de Jérémy. Je me suis dit “Et pourquoi ne pas se lancer ?” et j’ai rejoint l’équipe début octobre.

Comment vous faites pour être compétitif au niveau du prix, avec une offre personnalisée par client tout en dégageant du profit et des revenus ?

J : Tu veux une réponse honnête ? Ça fait 2 ans qu’on ne s’est pas payés. On investit tout l’argent qu’on gagne dans l’entreprise. C’est une stratégie et un choix pas forcément facile à assumer mais en même temps on voit les résultats arrivés au fur et à mesure.

L : c’est un peu le chemin classique de startuper. La première année c’est difficile, la deuxième tu commences à voir les résultats payer et la troisième année normalement tu peux te dégager un revenu. Nous avons une très belle croissance de +500% entre les deux premières années, donc si on continue sur cette courbe exponentielle on devrait vite commencer à pouvoir parler développement à grande échelle, salaire …. Le marché des stages est un marché en pleine croissance. Cela fait des années qu’on connaît ça en Europe mais ici c’est assez récent et ça explose depuis peu. C’est quand même une formule gagnant gagnant : le stagiaire apprend, c’est une expérience qui va forger son avenir personnel et professionnel et l’entreprise reçoit de la main d’oeuvre qualifiée bon marché.

J : on s’est aussi posé la question de garder cette activité en deuxième travail et trouver quelque chose ici mais le problème c’est qu’au Mexique tu arrives vite aux 40 heures par semaine pour toucher 500€ donc ça ne valait pas vraiment le coup.

Comment vous avez fait pour essayer d’évoluer sainement et rapidement ?

J : Nous on avait besoin de compétences internationales mais pas le budget pour embaucher directement. Du coup on est passé par la solution des stagiaires qu’on rémunérait en cours de langue et/ou bonus de fin de stage. Ça c’est plutôt bien passé même si on a été confronté à la situation où la jeunesse (la nôtre et celle du stagiaire) associée à la non rémunération a fait qu’il était parfois difficile de s’entendre au niveau professionnel.

Malheureusement comme j’étais un peu tout seul au début je n’ai pas bien fait le suivi des chiffres (quelque chose que je recommande fortement aujourd’hui ! Ça nous aiderait beaucoup). Il a donc fallu fouiller dans les archives pour reconstituer une comptabilité digne de ce nom et constater les évolutions d’année en année.

Comment est reçu votre service ? On imagine facilement que des gens soient réticents à l’idée de payer pour un service comme le vôtre.

J : Oui on a parfois des étudiants qui nous contactent mais qui ne veulent pas payer ce service. Moi je fais souvent l’analogie entre le prix d’une école de commerce et le prix de notre service (je précise que par manque de contacts, je suis aussi passé par une agence de placement pour trouver un stage en Espagne alors que je parlais déjà espagnol). On sait tous que les expériences professionnelles ont autant voire plus de valeur que le diplôme pour un début ou poursuite de carrière, donc pour avoir une expérience différente et enrichissante, on estime que 299€ c’est dérisoire par rapport au prix d’une école de commerce. Nous utilisons tous les jours des services que certains pourraient qualifier de “superflus” car réalisables par soi-même. Quand on passe par notre service, on ne paie pas qu’un contact, mais aussi les heures passées au téléphone à défendre des profils, une expertise au niveau local, concrètement une expérience de vie à l’étranger. C’est ce qu’on essaye de faire comprendre à nos clients. Il y a une évolution des mentalités qui doit encore se faire aussi, accepter des salaires faibles voir inexistants pour un stage hyper formateur, peut être que ça vaut le coup sur le long terme … ?

Là on est à la fois chez vous et sur votre lieu de travail, pourquoi ce choix du Home Office ?

J : On avait des bureaux avant ! Mais pour ce semestre on avait pas de stagiaire avec nous donc plutôt que de payer un local pour travailler on a fait le choix de travailler à la maison qui s’y prête très bien, et investir cet argent ailleurs. L’avantage c’est qu’on habite tous ensemble donc on peut travailler ensemble sans problème.

Pourquoi vous êtes à Puebla ? Est ce que l’idée d’aller à Mexico là où il y a la majorité de l’activité vous est venue ?

J : On est à Puebla à la base parce que c’est ici que j’ai fait mon échange.

C’est sur que Mexico a plusieurs avantages mais ça a aussi ses inconvénients. Le gros de l’activité est là bas mais moi personnellement je ne me vois pas vivre dans cette mégalopole gigantesque. Ajouter à cela que ça nous coûterait beaucoup plus cher, pour nous assumer nous mais aussi l’entreprise.

Donc pour le moment on est très bien à Puebla. C’est la première ville étudiante du Mexique donc on a plein de jeunes et ça correspond vraiment à l’idée de l’entreprise. De même, j’ai des connections dans toutes les universités du coin et ça nous aide beaucoup. En plus on est à 2h de Mexico donc si on a un rendez-vous là bas on peut se permettre un aller/retour dans la journée.

Pour le moment vous êtes focus sur le Mexique mais vous avez l’ambition de vous ouvrir à d’autres pays ?

L: On a déjà quelques destinations autres que le Mexique mais à chaque fois qu’il y a une nouvelle destination ou un nouveau client d’une nationalité différente c’est un nouveau problème : quelles sont les possibilités de visa pour envoyer une personne de telle nationalité dans tel pays ? Et ça c’est un travail de fond qui est énorme et qui nous prend beaucoup de temps. Alors oui on veut s’agrandir et s’ouvrir avec en priorité l’Amérique Latine mais comme cela prend du temps, fortifier le marché mexicain est notre objectif numéro 1. Le fait qu’on soit plusieurs depuis peu va justement nous permettre d’avancer vers le sud du continent parce que pour trouver des partenariats et des entreprises il faut se déplacer ou se faire recommander ! A savoir qu’en règle générale on a une réponse sur 3 par téléphone, sans certitude de transformation, et je ne parle pas des mails.

Comment vous voyez le développement de votre entreprise dans les années à venir ? Peut être des offres d’emplois en plus des offres de stage ?

L : l’objectif actuellement c’est de structurer l’entreprise comme elle est actuellement donc on est vraiment focalisé sur les offres de stage. À un moment on avait 2 stagiaires avec nous pour nous aider et on s’est demandé si on en avait vraiment le besoin. Là on est vraiment dans une phase de restructuration pour mieux avancer par la suite.

J : Une fois qu’on sera bien développé au niveau de stages pourquoi pas se tourner vers les offres d’emploi oui. On a pas mal d’entreprises qui nous posent des questions pour savoir si en plus de pouvoir leur trouver des stagiaires on peut leur trouver des salariés.

On a aussi pensé à avoir notre propre département juridique pour s’occuper de toute la partie des visa qui est une montagne pour nous et pour ceux qui veulent partir. Tout ça, ça peut arriver dans un futur plus ou moins proche, il faut laisser à l’entreprise le temps de grandir.

Comment est la communauté entre français et celle entre entrepreneurs ?

J: Il y a une forte communauté à Mexico mais c’est dur de les approcher quand on est à Puebla, si on veut échanger avec eux il faut se déplacer là bas. Il y a des soirées organisées par la chambre de commerce, qui coûtent très cher, donc on n’y participe pas pour le moment. Par contre, depuis 2016-2017 il y a beaucoup de Français qui sont arrivés pour monter leur entreprise, créant un jeune écosystème entrepreneurial plus dynamique et qui met plus de choses en place.

Et l’administration mexicaine dans tout ça elle peut aider ?

J : Pour le moment on n’a pas trop été aidé. Comme on fait quand même pas mal de publicité pour le pays en essayant d’amener des étranger pour travailler ici et inversement, on a essayé de les approcher, on a obtenu un rendez-vous mais depuis ils nous répondent plus, les aléas de tous les jours ici !

Quels problèmes vous avez rencontrés qui sont spécifiques au Mexique ?

J : On a énormément de mal avec les délais ici, c’est très dur de pouvoir s’organiser, il faut être très flexibles. Par exemple pour notre site internet on avait fait une commande pour novembre et on a reçu le site seulement en mars…

Et des facilités ?

J : un truc qui est bien au Mexique c’est que tu n’as pas besoin de créer ta société tout de suite, tu peux avoir 6 mois d’activité avant de devoir déclarer ta société.

Et niveau sécurité au Mexique quel est votre avis ?

J : Ca fait 3 ans que je suis ici et il ne m’est rien arrivé encore. Les médias étrangers aiment bien parler des faits divers sur les fusillades et autre au Mexique pour alimenter la presse à scandale. A partir du moment où on prend UBER et qu’on ne se balade pas seul la nuit dans les quartiers pourris, tout va bien. Le Mexique c’est comme partout, il faut savoir voyager avec précaution quand on sort de chez soi.

L : Après c’est quand même une réalité il y a des fusillades au Mexique mais ça ne concerne pas les étrangers. Quand t’es a pas Paris tu te balades pas partout à n’importe quelle heure de la journée. Au Mexique c’est pareil, tu as des zones que tu évites. C’est beaucoup plus flagrant ici qu’en France mais le principe est le même.

Comment vous voyez l’évolution du monde entrepreneurial ici ?

L : Dans toute l’Amérique latine il y a vraiment quelque chose qui est en train de se mettre en place. C’est des pays qui sont jeunes et le peuple est en demande. Il y a un vrai ras le bol de la corruption, des salaires bas et des conditions de vies difficiles. On voit que ça bouge. Tout ça ça crée un environnement plus favorable au monde de l’entrepreneuriat et je pense qu’il y a vraiment quelque chose à faire.

Le problème que rencontre ces pays là c’est qu’ils sont en train de rattraper le monde occidental à une vitesse folle et c’est un peu dur a contrôler. J’ai rencontré quelqu’un au Guatemala qui m’a dit qu’il a eu l’électricité il y a 15 ans et l’électricité est arrivée en même temps qu’Internet chez lui. A l’inverse, nous sommes préparés à cette évolution, eux ils sont pas passés par la case XXème siècle. Ici tout le monde a un smartphone donc tu peux même te lancer dans un business digital il n’y a aucun soucis.

Quels conseils vous donneriez à quelqu’un qui veut se lancer dans une aventure entrepreneuriale à l’étranger ?

J : quelque chose qui faut garder en tête c’est de toujours avoir une solution de secours. Il faut éviter de s’enfermer dans quelque chose où au final si ça ne marche pas le retour à autre chose sera très compliqué. Ça passe par des bonnes expériences avant, un diplôme où autre mais toujours avoir la possibilité de trouver quelque chose derrière si ça ne fonctionne pas.

L : moi je dirais de monter votre business le plus tôt possible. Si vous pouvez le faire en école de de commerce directement c’est encore mieux. Pourquoi ? Parce que de un vous avez la structure pour vous aider et vous accompagner ; de deux vous avez du temps pour le faire ; de trois ça permet d’éviter cette période de un ou deux ans où vous ne vous dégagez pas de revenus. Et puis quand on est jeune on n’a pas une famille à assumer et pour les plus chanceux on peut avoir ce filet de sécurité que représente les parents.

En tous les cas si on se lance dans l’entrepreneuriat il faut se lancer à fond. Si on veut que l’idée elle décolle il n’y a pas a tergiverser.

Quelles sont les clés pour réussir une aventure entrepreneuriale selon vous ?

L : le premier point ça va être avec qui tu travailles et avec qui tu t’associes et la vision du groupe.

J : Être de très bons copains ça peut être une bonne idée parfois parce qu’on va oser se dire les choses et on se connaît mieux alors on sait comment l’autre va réagir mais ça peut aussi être un mauvais plan. J’ai lu quelque part qu’il existait une appli où tu rencontres des gens pour s’associer et monter un business ensemble et ils disaient que parfois la même vision du travail et la complémentarité suffit à créer une bonne équipe. Je recommande de penser aux solutions de sortie dès le début au cas où l’entente se termine mal. Commencer un business, c’est surtout beaucoup de préparation (business plan/model, processus …) pour être à même d’anticiper toutes les “tuiles” qui tomberont sur le chemin.

Une erreur à éviter ?

L : dans notre vision de jeune et d’entrepreneurs on pense qu’avec les réseaux ça va aller très très très vite pour se faire connaître mais en fait c’est faux. Même si tu as 4000 personnes qui te suivent sur chaque réseau ça représente pas grand chose en terme de business. On s’est rendu compte que ça marchait beaucoup mieux par le bouche à oreille mais ça c’est très long à se mettre en place.

J : Quelque chose d’important aussi c’est de connaître les domaines dans lesquels tu n’es pas spécialisé : si tu n’es pas spécialisé fais toi aider par des professionnels, tu gagneras du temps et de l’argent.

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