« Je suis Bolivienne, ayant toujours vécu en Bolivie, je peux dire aujourd’hui que mon pays est l’une des meilleures places pour entreprendre. Je dirai que c’est comme une page blanche où tout est à écrire, les marchés ne sont pas saturés, tout est à créer »

 

Rencontre avec Andrea Raiza Henao Choque, fondatrice de RUJE BOLIVA.

Nous avons eu l’immense privilège de partager une semaine avec Andrea, une entrepreneuse bolivienne aux multiples facettes ayant déjà à son actif, de nombreuses expériences entrepreneuriales et divers engagements bénévoles. Elle travaille aujourd’hui à promouvoir l’entrepreneuriat auprès de la jeunesse en Bolivie. Andrea a notamment été sélectionné pour participer en tant que première bolivienne à “Harvard Women in Business” à Boston aux États-Unis. Elle a par ailleurs été invité à participer au Sommet mondial de l’entrepreneuriat (GES), composé de plus de 2.000 entrepreneurs internationaux.

 

Comment en es tu arrivée là ?

« Je m’appelle Andrea, j’ai 26 ans et je suis diplômée en administration des affaires à l’Universidad del Valle. J’ai effectué beaucoup de bénévolat au cours des dernières années, dans diverses institutions telles que Vision mondiale, Volontaires des Nations Unies, AIESEC (Association internationale des étudiants en sciences économiques et commerciales), afin de tenter de résoudre des problèmes de société. A ce moment j’ai réalisé tous les problèmes sociaux présents en Bolivie.

Je suis allée dans la rue et j’ai commencé à demander au gens: “Que pensez-vous de l’entrepreneuriat dans le monde ?” Ils ne connaissaient pas ce mot et ne pouvaient pas argumenter sur ce sujet !

Après ce constat, j’ai par la suite choisi de mettre tous mes efforts sur un seul problème pour créer un véritable impact. J’ai décidé de travailler sur le problème du chômage et le résoudre grâce à l’entrepreneuriat, afin de tenter de répondre aux problématiques sociétales.  L’idée est de motiver la nouvelle génération, celle de la jeunesse en montrant l’entrepreneuriat comme une alternative, une solution pour combattre le chômage.

Pour moi l’entrepreneuriat est l’action que tu mets sur ton idée, ce n’est pas seulement penser à l’idée mais agir, créer et réaliser le bout de sa pensée. »

 

Peux-tu nous parler de ton organisme, la RUJE ?

« Mon expérience de bénévole m’a éveillé l’esprit. J’ai réalisé que je voulais donner un sens à ma vie en ayant une contribution sociale afin de participer à la croissance de mon pays.

Plusieurs problèmes affectent la Bolivie et le monde entier. Ces problèmes ne peuvent malheureusement pas se résoudre seul, même si je le voudrais. De là est né en 2014 mon projet, la RUJE BOLIVIA, un réseau universitaire dédié aux jeunes entrepreneurs. J’ai créé ce projet pour que les jeunes puissent développer des idées en apportant des solutions durables à divers problèmes. Cela génère un effet de groupe et ainsi un effet multiplicateur pour trouver diverses solutions. RUJE BOLIVIA se concentre notamment sur les principaux problèmes qui affectent les jeunes ou le chômage des jeunes, en fournissant des solutions alternatives, à travers la promotion de l’entrepreneuriat. L’objectif est que les jeunes soient source de créativité et de croissance.

Cette organisation est développée sous différents programmes.

Voici quelques exemples: 

Un programme dédié aux nouveaux entrepreneurs, visant à développer des idées aux jeunes des écoles et universités. Cette année, il a été possible de former plus de 1 200 jeunes.
Un programme nommé “Innovative Entrepreneurs”, visant à fournir des outils d’entrepreneuriat et des connaissances commerciales aux jeunes des universités. Cette année, nous avons réussi à travailler avec 8 universités à l’échelle nationale.
Un autre programme destiné aux jeunes entrepreneurs, l’idée est de fournir des conseils personnalisés en fonction des besoins de chacun lors du lancement de leur projet.
Enfin, un programme visant à aider les jeunes à trouver des stages et des emplois. C’est une plateforme web qui relie les étudiants aux entreprises.

Pour résumer, mon objectif est de créer un impact social en promouvant de nouvelles initiatives sociales répondant aux besoins des jeunes entrepreneurs comme par exemple, fournir une visibilité au sein de la société, faire connaître la voix des jeunes, sensibiliser la population à la situation actuelle du chômage des jeunes dans les collèges et les universités… »

 

As-tu d’autres projets en cours ?

« En parallèle de ce projet, je travaille aussi sur l’insertion des femmes en entreprise et dans l’entrepreneuriat afin de rendre la situation plus égalitaire. En effet, suite au programme RUJE, j’ai réalisé que la majorité des inscrits étaient des femmes. Les femmes ont vraiment besoin de soutien car l’entrepreneuriat est un long chemin parsemé de difficultés. »

 

Quels conseils pourrais-tu donner à un entrepreneur désirant s’implanter en Bolivie ?

« Je suis Bolivienne, ayant toujours vécu en Bolivie, je peux dire aujourd’hui que mon pays est l’une des meilleures places pour entreprendre. Je dirai que c’est comme une page blanche où tout est à écrire, les marchés ne sont pas saturés, tout est à créer. Pour venir en Bolivie, le mieux est de venir avec une idée innovante. C’est donc très facile aujourd’hui d’obtenir un monopole avec une idée innovante.

Au niveau du comportement à adopter, je pense qu’il faut être formel quand on est dans un bureau, mais à l’extérieur mieux vaut être informel.

Les relations humaines sont très importantes en Bolivie. Il faut savoir qu’en Bolivie, nous n’avons pas de supports extérieurs, mais nous trouvons le support auprès de notre réseau, les amis, la famille. C’est pourquoi le réseau est primordial ici pour survivre lors du lancement de son business.

Lors du lancement de ta propre structure, tu dois être polyvalent et avoir des compétences dans tous les domaines. C’est important de savoir les bases dans chacun d’eux afin d’avoir une vision globale de son business.

Pour finir, lors de la phase de lancement d’une start-up, le mieux est de penser en amont l’aspect international, pas seulement local. Il faut être ouvert d’esprit dès le début afin de préparer en avance l’expansion de son business. Les réactions ne sont bien sûr pas les mêmes en Bolivie et aux USA, il faut être proactif et se préparer à cet problématique bien avant le moment de l’expansion. »

 

Que dirais-tu à un jeune aujourd’hui ?

« Je lui dirai de venir au sein de notre programme RUJE afin de construire un projet professionnel et personnel. Il est primordial pour un jeune de savoir les réalités de notre pays, notamment le taux de chômage et d’autres problèmes de notre société.
Je lui conseillerai aussi d’écrire ses objectifs chaque année et de les renouveler, autant pour sa vie personnelle que professionnelle afin de se créer une vision claire. »

 

Merci Andrea !

 

 

 

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