Résumé de l’entretien

Corinne est une française installée au Mexique depuis 25 ans. Ce qui ressort de cette rencontre c’est la passion qui se fait sentir dans toutes les expériences partagée par Corinne. Avant d’arriver au Mexique, cette dernière avait une société d’informatique à Paris, mais était amoureuse de la plongée sous-marine. Au fil des années, sa passion pour les fonds marins prend le pas et elle part voyager un peu partout dans le monde en tant qu’instructeur de plongée.

Après 6 mois au Mexique, elle voit l’opportunité d’ouvrir son propre centre sur l’île de Cozumel, seul centre tenu par une française à cette époque. Cette belle aventure va durer 15 ans avant qu’elle ne revende sa structure. Aujourd’hui elle tient une maison d’hôtes dans la jungle de Cancun où elle accueille à la fois les voyageurs pour leur transmettre son savoir sur la région, ainsi que les perroquets maltraités pour les soigner et leur donner toute l’attention et l’affection dont ils ont besoin. En parallèle elle continue de travailler en freelance dans l’informatique et créé des sites internet.

Pendant près de deux heures, nous avons pu échanger et aborder un grand nombre de points. Parmi eux : Les avantages et inconvénients du Mexique en tant qu’expatrié, les droits à la propriété, la nationalité mexicaine, les possibilités pour créer sa structure et embaucher du personnel, la façon dont fonctionne le pays et ses habitants, etc…

Retrouvez ci-dessous la synthèse de réponses de Corinne à des questions précises puis l’interview dans son intégralité.

Les questions soulevées

Peut-on se lancer dans une aventure entrepreneuriale au Mexique sans expérience dans le pays ?

Selon Corinne, il faut arriver avec un bon projet professionnel qui répond à une vraie demande dans le pays. Et une expérience du Mexique avant de se lancer est indispensable, pour comprendre la façon dont le pays et ses habitants fonctionnent.

La connaissance de la langue est un grand plus. Et il faut être prudent pour éviter de se faire avoir.

Quelles possibilités pour travailler au Mexique ?

Le Mexique est un pays qui est strict avec la situation légale des travailleurs étrangers. Il y a plusieurs possibilités :

  • Se débrouiller seul avec l’immigration pour avoir un permis de travail dans le pays, cela est assez compliqué et peut parfois être long. Mais c’est une bonne option et la moins chère.
  • Passer par un avocat, qui fera les papiers pour vous, plus rapide, mais nettement plus cher. Attention de bien choisir l’avocat (il y a souvent des arnaques).
  • L’entreprise qui vous embauche peut s’occuper elle-même de faire les papiers pour vous. Mais celle-ci doit être enregistrée au service de l’immigration, lui permettant ainsi de pouvoir embaucher du personnel étranger.
  • Être travailleur indépendant en s’inscrivant au centre des impôts en tant que personne. C’est plutôt pour les gens qui travaillent en freelance et qui n’ont pas besoin d’une structure ou d’employés.
  • Créer une société. Il existe différents statuts mais c’est assez simple à créer. Et cela permet en tant que gérant de l’entreprise d’obtenir facilement ses papiers.

Employer du personnel, c’est facile ?
Employer une personne mexicaine est assez simple car il y a une importante force de travail. Les charges ne sont pas un frein à l’embauche et le salaire minimum est bas.

Pour employer une personne expatriée, il y a plus de contraintes. Comme dit précédemment, si vous n’êtes pas enregistré au service de l’immigration comme embauchant du personnel étranger, il faudra que la personne soit en règle de son côté.

Il existe un certain quota maximum de travailleurs étrangers au sein d’une entreprise.

Les avantages du Mexique ?

Le Mexique est un pays plein de ressources et d’opportunités, il y a vraiment la place pour créer sa société ici.

Il faut également mentionner qu’au Mexique la corruption existe, classé 135ème sur 180 au classement mondial de la transparence des autorités, certaines pratiques souterraines peuvent parfois faciliter certaines démarches. Ces pratiques sont courantes et il faut en être averti.

Faut-il demander la nationalité mexicaine au plus vite ?

La nationalité mexicaine facilite certaines procédures, mais elle n’est pas indispensable pour monter sa société et continuer son activité. Au Mexique, il faut être deux pour créer son entreprise, mais les deux peuvent être expatriés.

Un partenaire mexicain, dans certains cas, peut-être utile voire indispensable. Il faut savoir que :

  • Un expatrié ne peut pas posséder de bien immobilier dans certaines zones du Mexique définies par la constitution politique de 1907 (bord de mer et zones de frontières).
  • Si la société a besoin d’investir dans un bien immobilier comme un local, terrain, maison, ou même un bateau, il faut obligatoirement qu’un des associés soit mexicain.

Côté particulier :

  • Pour acheter une propriété sur la côte ou proche des frontières on a besoin de passer par un Fideicomiso (trust bank).
  • Un travailleur expatrié doit renouveler son permis de travail tous les ans auprès de l’immigration, ce qui n’est plus le cas, quand on prend la nationalité mexicaine.

Comment appréhender une personne mexicaine ?

Les mexicains sont de nature assez curieuse et surtout très sympathiques. Ils vous aideront volontiers si vous en avez besoin. Attention tout de même dans les zones touristiques très fréquentées par les étrangers. Certains locaux peuvent avoir une mentalité un peu différente et vous proposent leur aide non pas par altruisme mais par intérêt.

Les mexicains peuvent aussi se montrer très susceptibles. Le plus grand respect et garder son sang-froid est de rigueur au Mexique, peu importe la situation car vous risquez de braquer votre interlocuteur et ne plus rien obtenir de sa part.

Il faut ajouter que dans ce pays, les habitants ne sont pas vraiment respectueux des horaires et deadlines, ils sont moins rigoureux à ce niveau-là que les européens.

Mais chaque personne est différente et vous pouvez rencontrer aussi des mexicains ponctuels et très sérieux.

Quelle place pour l’écologie au Mexique ?

Les mexicains n’ont pas introduit l’écologie dans l’éducation et les personnes qui ont une conscience écologique sont encore peu nombreux. Cependant ils n’y sont pas opposés. Il faut simplement une prise de conscience à ce niveau en leur faisant comprendre les intérêts.

Venir avec ses enfants, une bonne idée ?

Le système scolaire au Mexique propose deux options : d’un côté les écoles publiques où l’éducation est très rarement de qualité, de l’autre les écoles privées où l’éducation reçue est de très bonne qualité mais à des coûts extrêmement élevés.

Il est conseillé d’avoir une bonne base financière ou l’assurance d’un revenu suffisant pour s’expatrier avec ses enfants, si on veut leur donner une bonne éducation.

Les erreurs à éviter ?

Penser de manière générale qu’être français suffit pour réussir dans certains domaines est l’erreur à éviter.

Par exemple, pour ouvrir un restaurant français ou donner des cours de langue. Ce sont de vraies professions qui requièrent un savoir-faire que l’on doit déjà posséder avant l’arrivée.

Les bons conseils ?
Se servir des réseaux sociaux pour profiter de l’entraide entre les expatriés, et nouer contact notamment avec ceux qui sont là depuis longtemps et qui ont de l’expérience dans le lancement de projet.

Etre très prudent dans ses démarches et s’entourer de personnes de confiance pour ne pas se faire avoir.

L’entretien

Corinne, quel est ton parcours avant d’arriver au Mexique ?

En France j’avais une société d’informatique et je faisais de la plongée sous-marine comme un loisir pendant les vacances. J’aimais tellement ça que j’ai passé des diplômes pour devenir instructeur, être tranquille et faire ce que je voulais en allant plonger. Le fait d’avoir ma propre société me laissait un peu de liberté pour à la fois pouvoir travailler en freelance avec le Club Med et pour des remplacements dans des clubs ou autre. En plus je faisais de la plongée dans les plus beaux endroits du monde. Plus ça me passionnait et moins je voulais vivre la routine parisienne de ma société. Finalement au bout d’un moment la passion est devenue telle que j’ai vendu ma société d’informatique et je suis partie. Le travail dans le domaine de la plongée m’a permis de voyager un peu partout, Tahiti, Les Antilles, les Maldives, la mer rouge, la croisière plongée un peu partout, etc… Ces expériences m’ont beaucoup appris sur le fonctionnement de tous ces centres de plongée. Puis un jour le Club Med m’appelle pour me proposer à nouveau un poste aux Antilles. Je refuse en expliquant que j’y suis déjà allé plusieurs fois. Et sur le ton de la plaisanterie je leur dis que si par contre ils me proposent le Mexique, je pars tout de suite car c’est un rêve pour moi. Une semaine après, je reçois un appel d’eux me proposant un poste de 6 mois à Cancun et cela marquera le début de mon aventure mexicaine !

Comment t’es venue l’idée d’entreprendre au Mexique ?

Dans le cadre de mon emploi de 6 mois au Club Med on faisait des excursions plongées avec les clients sur l’île de Cozumel. Les plongées étaient vraiment magnifiques avec des récifs incroyables. Pendant ces excursions je me suis rendu compte que les plongeurs étaient surtout des américains et canadiens, mais qu’il n’y avait pratiquement pas d’européens. Donc j’ai pensé que ce serait une bonne idée d’ouvrir un centre de plongée sur l’île plutôt destiné aux européens. Cette opportunité est arrivée à un moment où j’avais déjà beaucoup voyagé et où j’avais envie de me poser.

Donc au lieu de rentrer en France à la fin de mon contrat, j’ai continué à plonger à Cozumel pour mieux découvrir les récifs. J’ai pris contacts avec des hôtels, pour proposer des forfaits hôtels/ plongée. Puis j’ai préparé tout un dossier expliquant ce que je comptais proposer aux clients, les tarifs et autre. Avec ce dossier je suis rentré en France et je suis allé rendre visite à tous les tours opérateurs spécialisés en voyages plongée, pour leur proposer mon offre. J’ai été accueillie les bras ouverts car enfin ils allaient pouvoir proposer la destination Cozumel à leurs clients et travailler avec un centre de plongée français. Ils m’ont tous proposé de travailler avec eux et mon centre a démarré très vite et a eu un succès fulgurant. Après un an j’avais déjà 7 employés, dont 5 instructeurs et guides de plongée et j’avais pu acheter mon propre bateau qui pouvait accueillir 20 plongeurs. En fait j’ai été tout simplement au bon endroit au bon moment. J’étais seule sur un marché important. Aujourd’hui la concurrence des centres européens est très rude et ce n’est pas facile de faire sa place dans ce domaine.

Une fois le centre lancé, comment s’est passé la suite ?

J’ai gardé mon centre pendant 15 ans, tout se passait très bien et mon centre se développait. Puis j’ai eu envie de faire autre chose car la plongée est une activité très physique et fatigante, surtout quand on plonge 2 à 3 fois par jours tous les jours.

En plus de cela, j’avais toujours eu envie d’ouvrir une maison d’hôtes car les logements de mes clients ne me plaisaient pas toujours. Je voulais leur offrir un forfait complet comprenant le logement et les plongées. J’ai donc décidé de vendre mon centre et comme j’aime beaucoup la nature j’ai cherché un endroit dans la région où ouvrir cette maison. J’ai acheté un terrain en pleine nature et petit à petit j’ai construit ma maison et une piscine, puis une chambre d’hôtes, puis une autre… Désormais j’accueille ici les visiteurs et je joue aussi le rôle de guide touristique grâce à mon expérience du pays.

Pourquoi ne pas avoir gardé le centre tout en ouvrant ta maison d’hôtes ?

Parce que la plongée me prenait un temps fou ! Et que je n’aurais pas pu, seule gérer le centre de plongée, plonger tous les jours et aussi en même temps m’occuper de ma maison d’hôtes.

Et aujourd’hui ta maison d’hôtes tourne bien ?

Oui très bien, j’accueille tout le temps du monde, mais cela me laisse aussi beaucoup de temps libre alors je suis un peu revenu à mon premier amour qui est l’informatique. J’ai continué à me former au fur et à mesure des années. Donc aujourd’hui en plus de gérer ma maison d’hôtes, je fais du graphisme et des sites internet en freelance, surtout pour la communauté française du Mexique.

As-tu la nationalité Mexicaine ?

Oui j’ai la double nationalité. J’ai commencé la procédure seule tranquillement en attendant 10 ans avant de la demander mais il est possible de l’avoir plus rapidement, surtout si on se marie avec un mexicain ou qu’on a des enfants mexicains.

Je l’ai fait car c’est tout de même plus simple, pour acheter une maison on peut le faire à son nom. Et il ne faut plus payer l’immigration tous les ans et quelque part au bout de si longtemps cela paraissait comme une évidence pour moi.

Est-ce que le fait d’avoir beaucoup voyagé avant t’a aidé dans ton installation au Mexique ?

Bien sûr mes voyages m’ont fait accumuler de l’expérience ! J’ai pu tirer le bon de chaque endroit où je suis allé mais il faut surtout passer du temps dans le pays avant de se lancer. Quelqu’un qui arrive dans un pays et monte une entreprise directement, ce n’est pas sûr qu’il réussisse. Déjà parce que la personne ne connaît pas le pays, elle ne sait pas comment ça fonctionne ici. Il faut vraiment comprendre l’endroit où on est pour apprendre à le découvrir et s’adapter car c’est à toi de faire les changements nécessaires pour t’insérer dans la société. Selon moi à part si on a un projet hyper béton avec étude de marché, tout ce qu’il faut pour réussir et une vraie réponse à une demande existante dans la zone d’implantation, un temps d’adaptation est indispensable, rien que pour la langue. Depuis 25 ans j’en ai vu des échecs !

Quelle erreur il ne faut pas faire quand on est expatrié et qu’on veut se lancer dans un projet ?

Selon moi une des erreurs c’est de penser que parce qu’on est français on va pouvoir ouvrir un restaurant français ou donner des cours de français. La restauration et l’éducation sont de véritables professions avec un savoir-faire.

Est-ce que les mexicains accueillent bien les expatriés qui se lancent dans un projet professionnel ?

Oui ils sont plutôt accueillants. Moi j’ai eu une expérience un peu différente car quand j’ai ouvert mon centre de plongée il y a 25 ans à Cozumel. Les mexicains me voyaient vraiment comme uns intruse, venant leur prendre leur travail.

Qu’une étrangère arrive, de surcroit une femme (car le Mexique est un pays assez macho) dans le milieu assez fermé de la plongée sous-marine, cela n’a pas trop plu.

Certains venaient m’insulter devant mes élèves pendant que je donnais mes cours de plongée sur la plage « sale étrangère retourne dans ton pays, arrête de nous prendre notre travail ».

J’ai reçu de nombreuses dénonciations à l’immigration en disant que je travaillais illégalement alors que ce n’était pas vrai. Mais j’ai tenu tête et finalement au fil du temps cela s’est apaisé et j’ai su me faire accepter et me faire respecter. Aujourd’hui dans la région les mexicains sont habitués à voir beaucoup d’étrangers s’installer donc il n’y a plus ce problème. Les mexicains sont en règles générales très sympas et s’ils peuvent t’aider ils le feront.

Et la relation entre expatriés ?

Il y a une bonne entraide de ce côté-là. Sur les réseaux sociaux notamment si tu poses une question tu auras rapidement des réponses. Il faut cependant savoir faire la part des choses car il y a parfois des mauvaises réponses de gens qui sont au Mexique depuis très peu de temps et qui pensent savoir tout alors qu’il n’en est rien. Il faut savoir faire la part des choses.

Légalement comment ça se passe pour un expatrié ?

L’immigration au Mexique c’est un peu compliqué. De toute façon il faut être dans une situation légale pour travailler ici, mais il y a plusieurs formules. On peut être travailleur indépendant en s’inscrivant au centre des impôts comme une personne physique. C’est plutôt pour les gens qui travaillent en freelance et qui n’ont pas besoin d’une structure ou d’employés. Ensuite on peut créer une société sous différents statuts. La création est assez simple mais il faut un deuxième partenaire. Il peut ne posséder qu’une action dans l’entreprise et donc n’avoir aucun pouvoir de décision. C’est juste pour dire qu’on est deux dans la société et parce que légalement c’est obligatoire. Cette personne ne doit pas forcément être mexicaine. Cependant, pour que la société devienne propriétaire d’un bien immobilier, il faut absolument un mexicain. C’est aussi pour ça que c’est mieux d’avoir vécu au Mexique avant de lancer sa société pour trouver une personne en qui on peut avoir totalement confiance. Attention aux sociétés de prête-nom. On peut toujours créer une société avec deux expatriés puis changer les statuts en intégrant un mexicain par la suite, si besoin. Cela représente un certain coût et il faut le faire avec un avocat et un notaire. Moi j’ai dû faire ces modifications après quelque temps, quand j’ai voulu acheter le bateau pour le centre de plongée.

Mais le temps que j’avais déjà passé au Mexique m’a permis d’avoir des amis mexicains et de pouvoir ainsi choisir un partenaire mexicain de confiance.

As-tu un petit conseil à donner à un expatrié qui voudrait s’implanter au Mexique ?

Je conseillerais de se rapprocher d’autres expatriés qui sont là depuis longtemps pour avoir les bons conseils et surtout les bonnes mises en garde, des personnes un peu comme moi quoi (rires).

Il faut aussi être hyper prudents. Par exemple ici tous les terrains n’ont pas forcément de titre de propriété (ils sont « ejidal »). Certains immenses terrains appartiennent à des communautés et sont coupés en parcelles pour être vendus. Donc en achetant ce genre de bien, même si le prix est très attractif, on prend un très gros risque puisque qu’on n’a pas de titres de propriété et quand on est étranger c’est encore plus risqué. Il se pourrait donc que le même terrain soit vendu plusieurs fois à des personnes différentes.

Est-ce qu’il y a des choses plus faciles au Mexique qu’en France ?

Oui pas mal de choses sont plus faciles, c’est moins stressant qu’en France et plus relax.

Le Mexique est un pays qui offrent beaucoup d’opportunités. Il y a pleins de choses sur lesquels le pays est en retard et où il y a la possibilité d’apporter notre savoir-faire d’Europe. Les ressources naturelles et touristiques y sont incroyables. Il suffit de s’implanter de la bonne façon.

Il est vrai qu’ici avec un « petit billet » on peut faire accélérer et solutionner bien des choses.

Il faut savoir que souvent si on veut faire les choses en bonne conscience et suivre la procédure, tant qu’on n’a pas donné ce fameux « petit billet » on peut attendre très longtemps avant qu’une situation se débloque.

Comment définirais-tu les mexicains ?

Les mexicains sont cools avec les horaires et les deadlines. Si quelque chose doit être fini pour vendredi prochain, on ne sait pas toujours si c’est ce vendredi ou celui du mois prochain si tu veux ! Cependant, ils sont très charmants. Il faut tout de même faire attention car sont des personnes qui ont tendance à se vexer plus facilement, ils sont susceptibles. Il suffit de faire une remarque désagréable ou de t’énerver et tu n’obtiendras plus rien de ton interlocuteur. Donc je conseille de toujours garder son sang-froid avec eux, jamais s’énerver même si la situation s’y prête. Taper du poing sur la table n’est jamais une solution ici, bien qu’on ait souvent envie de le faire (rires).

J’ajouterais que la mentalité des mexicains dans les zones touristiques est différente. Ils se sont rendu compte que les régions touristiques étaient pleines d’opportunités et donc ils ont tendance à en profiter, et cela les amène à faire des choses souvent plus par intérêt que par gentillesse.

L’écologie est un sujet qui nous touche particulièrement, est-ce que les mexicains ont cette prise de conscience ?

Pas trop, de manière générale les mexicains ont une très mauvaise éducation au niveau écologique, il n’y a qu’à voir le bord des routes pour savoir que les mexicains polluent énormément. Maintenant heureusement que les mexicains ne sont pas tous comme cela et certains sont très respectueux. Le pays est très en retard, par exemple il n’y a pas de tri des ordires mais la conscience commence à émerger. Ce n’est pas un rejet de l’écologie mais surtout un problème d’éducation et de manque d’intérêt.  

Si on a des enfants, l’éducation est accessible aux expatriés ?

Il y a des écoles publiques mais qui sont rarement de qualité. Pour avoir une bonne éducation il faut mettre ses enfants dans une école privée et cela revient vite très cher donc il faut prévoir un budget important. Les salaires étant très bas dans l’ensemble, créer une entreprise représente une des meilleures façons de pouvoir offrir une bonne éducation à ses enfants.

Est-ce que la gestion des employés d’une entreprise est compliquée et onéreuse ?

Il y a un salaire minimum commun à toutes les professions mais il est très bas et personne ne pourrait vivre avec ce salaire. Dans la région les personnes vivent beaucoup du pourboire.

C’est très facile d’embaucher du personnel mexicain. Mais pas facile de trouver le bon personnel, selon notre critère d’européen.

C’est plus compliqué d’embaucher des employés expatriés. Quand on est expatrié et qu’on veut travailler au Mexique il y a deux possibilités : la première est de se débrouiller tout seul avec l’immigration pour faire ses papiers mais cela n’est pas facile du tout ; Et la deuxième c’est de passer par une entreprise qui va faire les papiers pour toi. Cette option n’est pas toujours possible car l’entreprise doit être enregistrée comme embauchant du personnel étranger au service de l’immigration. En plus il y a des quotas qui empêchent d’embaucher uniquement des employés étrangers.

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