Résumé :

Qui n’a jamais rêvé de tout plaquer pour vivre dans un pays étranger et se consacrer à ce qu’on aime ? C’est un peu ce que Coralie a fait. Il y a un an cette trentenaire était ingénieure avec une situation confortable en France, aujourd’hui elle a ouvert sa boutique en ligne de produits artisanaux au Mexique. Après avoir voyagé dans le pays pour trouver des produits qui correspondaient à ce qu’elle cherchait, elle vend aujourd’hui des tapis en laine 100% naturels tout en rémunérant à son juste prix le producteur. Cette démarche socialement responsable nous a beaucoup touchés et nous sommes ravis de mettre en lumière cette initiative.

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Questions soulevées :

Quel lieu de travail pour les entrepreneurs ?

À Mexico vous pourrez trouver des espaces de Coworking un peu partout dans la ville. Cela vous offre un cadre pour travailler, un espace pour faire des réunions si vous le souhaitez et permet de ne pas rester isolé. Vous pouvez y aller tous les jours et payer un abonnement ou alors y aller quand vous le souhaitez et payer à la journée. C’est vraiment une très bonne alternative au bureau ou au Home working.

Comment est la communauté d’entrepreneurs français à Mexico ?

Elle commence a peine à pointer le bout de son nez mais elle est jeune et dynamique ! Vous pourrez facilement trouver des conseils et de l’aide en tout genre pour vous aider a vous lancer si vous faites le nécessaire pour entrer en contact avec cette communauté. Il faut garder a l’esprit que le système d’entraide fonctionne seulement si tout le monde apporte sa pierre à l’édifice donc n’hésitez pas à aider d’autres personnes si vous en avez l’occasion ! Vous pouvez également vous tourner vers l’ambassade et l’association “Mexico Accueil” pour vous accompagner dans votre création d’entreprise.

Des conseils ?

Nous sommes fait pour vivre en communauté alors ne restez pas isolé. Rencontrez des gens, profitez de la communauté de votre pays d’origine, parlez de votre projet dès que vous le pouvez. Vous serez étonnés des retours enrichissants que vous pourrez avoir, voir même des rencontres qui pourront faire avancer votre entreprise.

Entretien :

Coralie, qui es-tu et que fais-tu au Mexique ?

Je suis arrivée au Mexique il y a un peu moins d’un an avec mon conjoint. Nous travaillions tous les deux dans un grand groupe énergétique à Nantes et nous voulions connaître une expérience d’expatriation, avec chacun un projet différent : lui, poursuivre sa carrière d’ingénieur, moi, prendre un congé pour créer mon entreprise. Au final, mon conjoint a trouvé un poste au Mexique dans le groupe dans lequel nous travaillions et moi j’ai monté ma société ici à Mexico pour conjuguer expatriation et expérience entrepreneuriale. Je suis donc partie d’une situation de salariée très confortable à une situation d’entrepreneur face à une page blanche mais c’est cela qui est vraiment challengeant.

Je n’ai pas créé ma société tout de suite car j’ai pris le temps de m’adapter et de perfectionner mon espagnol en prenant des cours plusieurs fois par semaine pendant 4-5 mois. Cela m’a beaucoup aidé et même si mon espagnol n’est toujours pas parfait aujourd’hui, j’arrive à comprendre et à me faire comprendre et c’est le principal. J’ai aussi pris le temps de contacter la communauté française, très présente ici.

En arrivant au Mexique, j’ai créé un blog où j’expliquais mon changement de vie, mon adaptation à cette nouvelle culture. Je l’ai transformé ensuite pour créer ma boutique en ligne de produits artisanaux Mexicains. Au tout début, j’ai d’abord essayé de vendre les produits dans un pop-up store à Paris mais c’était dur de s’intégrer à la vie parisienne sans être sur place donc j’ai pris l’alternative de la vente en ligne. Je vends aussi les produits en physique ici sur Mexico dans ce que l’on appelle des bazars.

Comment es-tu entrée ene contact avec ces artisans Mexicains ?

J’ai fait beaucoup de déplacements dans le pays, notamment dans l’état de Oaxaca où je savais qu’il y avait beaucoup d’artisanat. Je suis allée dans des marchés où j’ai discuté avec les vendeurs. J’y suis ensuite retournée 2 mois après avoir fait quelques recherches et j’ai trouvé un petit village avec des artisans qui proposent des tapis en laine fait à la main et 100% naturels. C’est vraiment en étant sur place et en allant voir directement les artisans que j’ai pu créer un lien.

Tu voulais dès ton départ vendre du textile où tous types d’artisanats t’intéressaient ?

Quand je suis partie au Mexique je savais seulement que je voulais vendre de l’artisanat local. À partir de là, j’ai fait mes recherches sur ce qui se produit ici, ce qui se vendait déjà, sur les problématiques de transport et de logistique. Ce qui m’a vraiment décidé c’est ma rencontre avec les artisans. J’ai vu comment ils travaillaient et qu’ils proposaient des produits exceptionnels qu’on ne trouve pas encore sur le marché.

Tu peux nous en dire plus sur les problèmes logistiques au Mexique ?

Tant qu’on reste à l’intérieur du pays c’est très facile : envoyer des produits, les recevoir, se déplacer etc. Les problèmes apparaissent dès que l’on veut envoyer en dehors du pays. À mon échelle, c’est difficile de gérer l’administratif et d’assumer les prix de douane qui peuvent être élevés, il y a aussi des risque de casse ou de perte et surtout je n’ai pas de personne relai en France pour l’instant. J’ai donc mis ça un peu de côté pour le moment.

Tu te tournes plutôt vers de la clientèle mexicaine ou alors les expatriés ici qui voudraient des produits locaux ?

Je commence avec les expatriés parce que je suis dans la communauté française, c’est plus facile pour moi. À terme, le but est de toucher un public plus large. Je me suis vraiment focalisée sur le Mexique, et pour l’étranger je saisie les opportunités mais ce n’est pas mon marché prioritaire.

On est dans un espace de coworking ici, pourquoi ce choix de lieu de travail ?

C’est principalement pour ne pas rester isolé chez soi. J’essaye de faire partie d’une communauté de travail pour rencontrer de nouvelles personnes, c’est plus motivant et enrichissant aussi.

Il y a aussi des cafés où l’on peut aller travailler mais, il est vrai que les espaces de coworking se développent beaucoup ici et sont plus calmes. Je paie à la journée et je peux profiter du lieu, faire des réunions etc.

Qu’est ce que tu penses de la communauté d’entrepreneurs français ici ?

La communauté se développe et elle est très dynamique. Il y a des réunions, des apéros qui sont organisés. Par exemple, j’ai rencontré des personnes prêtes à m’aider pour toutes les démarches administratives de création d’entreprise. L’important c’est de donner autant que l’on reçoit pour que la communauté puisse être bénéfique à tout le monde, j’essaie aussi de donner des conseils à mon échelle, sur l’artisanat notamment.

Il y a aussi l’association “Mexico Accueil”, reconnue par l’ambassade française et qui propose des cessions pour se rencontrer, se former sur certains domaines, présenter son projet pour avoir des retours etc. D’octobre à Mars derniers j’ai participé à un programme d’accompagnement à raison d’une session par mois pour présenter mon projet, me former sur des outils notamment comptables pour mieux structurer mon projet, c’était vraiment extrêmement riche. C’est très accessible donc c’est vraiment .une chance !

Tu disais que tu as pris un congé de création d’entreprise, comment ça fonctionne exactement ?

C’est un congé qui existe dans les entreprises bien que les modalités ne soient pas toujours les mêmes. Dans mon cas, je suis toujours rattachée à mon entreprise française et j’ai pris un congé d’un an renouvelable 4 fois ce qui me laisse une belle fenêtre pour savoir si mon projet fonctionne ou non.

Comment organises-tu ta revente de produits ?

Il y a différentes philosophies quand on revend de l’artisanat : par exemple, certains acheteurs négocient fortement le prix auprès des artisans et revendent les produits 3 ou 4 fois plus cher. Pour ma part, j’ai décidé d’opter pour une démarche éthique, je négocie peu voire pas du tout le prix de l’artisan tout en veillant à ce que ce soit cohérent avec le travail fourni. Le prix d’achat que je propose est représentatif du temps de fabrication nécessaire et de la qualité du produit. J’arrive à être dans la gamme de prix des produits de même facture sur le marché. Cela permet de rémunérer au juste prix l’artisan pour qu’il puisse continuer à travailler, à innover, et ce sont ces valeurs que je mets en avant sur mon site.

Si tu devais te fixer des objectifs sur les mois (années ?) qui arrivent ça serait quoi ?

En ce moment je travaille le marché mexicain en faisant de la communication et des bazars. Dans 6 mois, j’aimerais être connue de la communauté française mais aussi plus largement avec mon site qui sera disponible en anglais et en espagnol.

Est-ce que tu vois ton projet avancer un peu ? Et si ça ne fonctionne pas (ce qu’on ne te souhaites pas !) quelle alternative as-tu ?

Au fond de moi je sais que ça peut marcher, j’ai de bons retours et des clients satisfaits. Aujourd’hui, ce n’est pas suffisant et j’ai encore beaucoup de travail avant que ça décolle, mais j’y crois. Je vis et mon entreprise se construit grâce à mes économies. Je suis aussi beaucoup épaulée par mes proches et notamment mon conjoint qui assure la majorité des frais du quotidien. Quand je ne pourrai plus assumer le développement de mon entreprise, j’ai la chance d’avoir une possibilité de retour en France dans mon entreprise.

Je le vois vraiment comme une expérience et je fais tout pour que cela marche mais c’est vrai que le fait d’avoir un plan de secours, cela me permet d’être plus sereine.

Est ce que tu vois des points forts à travailler au Mexique ? Et des points faibles ?

Le Mexique est un pays très dynamique pour tout ce qui est “petit” business, entrepreneurs, réseaux sociaux. Rencontrer des gens, trouver des talents et des compétences c’est très facile.

Pour les côtés négatifs je dirais principalement le côté administratif qui est assez lourd. Il y a également le côté sécurité qu’il ne faut pas négliger. Pour moi qui me déplace seule  dans des zones reculées du pays il y a des endroits où je ne peux pas aller, je ne peux pas rouler de nuit et je dois toujours être très vigilante. Je ne me suis jamais vraiment sentie en insécurité mais je dois respecter certaines règles.

Un mot de fin ? Des conseils ?

Mon conseil principal c’est de faire partie de réseaux dès votre arrivée et ne pas rester isolé. Ça peut être la communauté française ou d’autres. Il ne faut pas hésiter à entrer en contact avec les gens et parler de son projet car cela amène toujours des feedbacks intéressants.

En ce qui concerne mon domaine d’activité, l’artisanat, il n’y a pas de secret il faut aller sur le terrain, rencontrer et voir comment sont fait les produits que l’on vend pour savoir de quoi l’on parle et pour pouvoir être crédible.  

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