« Je retiens beaucoup de choses positives. Il faut savoir que la construction d’un projet qui n’existe pas à la base représente une immense satisfaction personnelle. Les petits succès sont pour moi des grandes victoires »

 

Rencontre avec Delphine

Nous rencontrons aujourd’hui Delphine, une jeune française ayant eu diverses expériences entrepreneuriales au Chili.

 

Comment es-tu arrivée au Chili ?

« Ayant effectué mes études dans une école de commerce française, l’EDHEC, nous avions une année de césure à effectuer au cours de notre cursus. Je suis arrivée au Chili pour un projet de césure sur le thème de la RSE et j’ai eu la chance de rencontrer un chilien à ce moment. Le côté latino m’a toujours intéressé, j’ai toujours eu une fascination pour ce continent et la culture en Amérique latine.

Je suis restée un peu plus longtemps que prévu, j’ai commencé à travailler et le Chili m’a plu, tout simplement. Aujourd’hui cela fait 8 ans que je suis ici et j’ai construit ma vie professionnelle ainsi que mon réseau au Chili. Je suis donc dans le phénomène inverse. Partir travailler en France serait trop compliqué pour moi, cela impliquerait de tout reprendre à zéro.

Après mes études, j’ai été embauché dans une imprimerie. Il lançait à ce moment un nouveau service de Web-to-print (impression d’albums photos, flyers, cartes de visites,…).  J’avais auparavant déjà eu l’opportunité de travailler dans ce domaine, je suis donc arrivée au bon moment pour apporter mon savoir et développer ce service dans cette entreprise.

C’était pour moi un projet complètement nouveau, il fallait absolument tout développer, comme une expérience entrepreneuriale. J’ai été en charge de la création de la page web marketing digital, de la mise en place du service client, etc… »

 

Comment en es-tu venue à lancer ta propre entreprise ?

« Le projet avait tellement bien marché dans cette entreprise qu’ils m’avaient demandé de faire toute la transition digitale dans toutes les branches de l’entreprise. J’avais déjà monté 4 ou 5 commerces et j’avais tellement appris sur tous les points que je savais que je pouvais le faire toute seule.

En parallèle, un ami voulait se lancer dans un business autour de la bière artisanale mais ne connaissait rien à la partie e-commerce ? L’idée était de vendre et de livrer des box de bières artisanales via internet. Il y a une grosse tradition de la bière au Chili. Par ailleurs, il était très difficile de trouver des bières artisanales de micro-brasseries dans les magasins. Ce problème représentait pour nous une opportunité de business.

J’avais par conséquent toutes les compétences techniques pour le e-commerce et mon ami avait la connaissance du produit et de la partie commerciale.
Nous nous sommes lancés dans ce projet. En quelques mois, j’ai monté la page en parallèle de mon travail. Quand ça commence à prendre forme, c’est génial !

Ce que j’aime avec l’entrepreneuriat, c’est la polyvalence. On fait tout soi-même, que ce soit les shooting photos, les stocks de bouteilles etc. Nous devenons de véritables couteaux suisses ! »

 

As-tu rencontré des difficultés dans la création de ton business ?

« Nous avons eu de grosses difficultés pour la livraison des bouteilles : c’est lourd et c’est fragile. Bien que les caisses soient sur mesure et aux bons poids, nous avons eu des mésaventures avec les conditions de transport ( bouteilles cassées, retards, vols,…). Il fut très compliqué de trouver des prestataires avec des prix raisonnables. Nous n’avions pas de volumes assez suffisants pour avoir notre propre prestataire.

Deuxièmement, le prix de la licence pour vendre de l’alcool est très élevé au Chili. Il faut louer un établissement qui puisse avoir une licence. Nous n’avions pas de conseiller juridique qui sache vraiment conseiller par rapport à la vente en ligne d’alcool. »

 

Comment en es-tu venue à arrêter ce business ?

« Je pense qu’il y a toujours un moment de transition dans la croissance de son entreprise : savoir si oui ou non il faut trouver des investisseurs.

A ce moment là, une start-up de start-up chile a commencé à vendre la même chose avec une communication agressive. En l’espace de très peu de temps, nous avons vécu une invasion, sans pouvoir répondre de manière réactive. Ils ont réussi en très peu de temps à obtenir une avance sur le marché. N’ayant aucune façon de nous différencier, cela nous a quelque peu démoraliser. »

 

Quels conseils pourrais-tu donner à un entrepreneur désirant s’implanter au Chili ?

« Il faut s’associer avec un chilien quand on est pas résident. Il faut un RUT, c’est un numéro d’identification national qui permet de faire toutes les démarches administratives.

Par ailleurs, en prenant du recul sur cette expérience, je pense simplement qu’il faut apprendre de ses erreurs et ne pas désespérer. Lorsque l’on a une idée, il ne faut pas attendre, il faut savoir où aller et avec quels moyens, mais surtout il faut y aller à fond car sinon, d’autres en profiteront. L’entrepreneuriat est une passion fatigante, voir épuisante. Il n’est pas conseillé d’allier deux métiers à la fois.

Je pense qu’il est préférable d’avoir un bon niveau en espagnol mais il n’y a pas besoin d’une maîtrise parfaite de la langue. Je dirais qu’il y a un language business qu’il faut maîtriser mais qui s’apprend naturellement.

Par rapport à mon type business, il est primordial de ne jamais perdre de vue l’aspect légal et santé. »


Que retiens-tu de cette expérience ?

« Je retiens beaucoup de choses positives. Il faut savoir que la construction d’un projet qui n’existe pas à la base représente une immense satisfaction personnelle. Les petits succès sont pour moi des grandes victoires.

Par ailleurs, l’entrepreneuriat permet de s’ouvrir aux autres et d’avoir l’opportunité de rencontrer des personnes formidables.

Enfin, il est important, lorsque l’on se lance dans un projet avec un associé, d’avoir un objectif commun et une transparence sur tout. « 

Merci Delphine ! 

 

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