« Il n’y a rien de plus épanouissant que de monter sa propre start-up en créant son propre produit. Je n’avais jamais eu ce sentiment avant. Aujourd’hui, je peux bosser 23h/24 sur ce projet car je travaille pour moi même et je sais pourquoi je travaille » .

« On a un enjeux derrière qui touche à la jeunesse, à la santé ainsi qu’à l’avenir, c’est d’autant plus intéressant « 

 

Rencontre avec Maëlle et Valentino, fondateurs de Siröpa

 

Nous rencontrons aujourd’hui Maëlle et Valentino, deux français ayant co-fondés Siröpa, une marque innonvante de sirops de fruits enrichis en fibres alimentaires. Originaire de Bretagne pour Maëlle et des Hauts de France pour Valentino, ces deux jeunes ont décidé d’arrêter leurs études respectives pour se consacrer pleinement à ce nouveau projet.

 

Qu’est ce qui vous a amené à entreprendre au Chili ?

 

« Le Chili représente une terre d’opportunités, tout se développe à grande vitesse. Pour des français comme nous, il y a énormément d’idées que l’on peut exporter. Nous avions tous les deux la même vision de ce que l’on voulait faire, en sachant ces opportunités de marché.

Après quelques observations dans notre quotidien et sur le marché, nous avons réalisé que le Chili était fortement touché par l’obésité. Au Chili, chaque heure, une personne meurt des conséquences de l’obésité. Cette maladie est devenue au cours du temps un véritable fléau dans le paysage social. Le Chili est le pays d’Amérique Latine avec le plus gros taux d’obésité infantile. Il faut savoir qu’un enfant sur quatre est obèse et se retrouve confronté à de lourdes conséquences physiques et psychologiques.

Ce problème majeur nous a rapidement mis la puce à l’oreille et nous a fait réaliser qu’il y avait des opportunités de business dans le domaine de la santé et du social. À partir de ce constat est né Siröpa, le premier sirop de fruit qui réduit la quantité en sucre en la compensant par l’ajout de fibres alimentaires solubles. Cette molécule freine l’absorption des graisses et réduit les taux de cholestérol et des triglycérides (graisses de l’organisme). Elle freine aussi bien la montée du glucose dans le sang que la sécrétion d’insuline après un repas.

Cette innovation dans le marché des sirops de fruits nous permet d’ajouter une nouvelle qualité à ce produit traditionnel : celle d’une boisson nutritive. »

 

Comment comptez-vous communiquer autour de votre marque pour vous faire connaître ?

 

“Je pense que pour apporter une réelle solution à un tel fléau, il faut partir de la base du problème : l’éducation. Nous avons l’ambition de vouloir drastiquement diminuer le taux d’obésité au Chili, puis en Amérique Latine, à l’aide de produits facilement consommables, gourmands et bons pour la santé.

Il faut pour cela créer une aventure alimentaire, 100% vraie, avec beaucoup de positivisme, et faire sourire la planète en partageant notre aventure et notre quotidien à travers une communication positive.

Ce gros travail visant à changer les habitudes de consommation passe obligatoirement par une communication ayant pour cible la jeunesse. Cet aspect sera notre point fort car nous pensons comme des jeunes. Il est donc plus facile pour nous de transmettre ces idées au travers de notre communication via les réseaux sociaux, Facebook et Instagram avant tout.”

 

Qui seront vos clients ?

 

“Le produit sera d’abord disponible pour les plus jeunes d’entre nous. A travers les kiosques, les enfants âgés entre 6 et 18 ans inscrits dans les établissements scolaires publics auront l’occasion de retrouver les produits
Siröpa dans les cours de récréations. Au Chili, ce sont les kiosques qui vendent les collations aux différentes pauses de la journée.

Par ailleurs depuis juin 2016, une loi sur l’étiquetage des produits alimentaires oblige les industriels à apposer une étiquette préventive sur les produits ayant des fortes proportions de sucres, de sel et de matières grasses. Par conséquent, les kiosques dans les établissements scolaires ne sont plus autorisés à vendre ces mêmes produits. Cependant, notre sirop Siröpa grâce à son innovation n’est pas sujet à cette nouvelle réglementation. »

 

Quels sont les avantages du Chili pour lancer son business ?

 

« Le business du Chili est majoritairement concentré dans la région de Santiago à cause d’une forte centralisation des pouvoirs et de l’économie. Depuis quelques temps le gouvernement supporte fortement l’entrepreneuriat, notamment via le programme Start-up Chile, où de nombreux étrangers viennent tenter leur chance et lancer leur entreprise ici. On sent que le Chili a une forte volonté d’attirer les entrepreneurs et les investisseurs étrangers.

Par ailleurs, n’étant pas dans le complexe Start-up Chile, on ressent le soutien du gouvernement grâce à l’organisation de concours afin d’aider les entrepreneurs à se lancer.
En l’espace de 3 mois et en collaboration avec le centre régional des études en alimentation saine de Valparaíso, nous avons d’ores et déjà été récompensé avec le concours national « Voucher Innovación » et nous avons reçu la somme de 8 000€ pour lancer le développement de notre concept.

Le Chili semble être un tremplin pour toute l’Amérique latine, c’est un véritable marché d’avenir. Le Chili est une terre d’opportunité dans de nombreux domaines d’activités, notamment dans le e-commerce et l’écologie. De nombreux projets ayant un impact environnemental ou social voient le jour afin de répondre aux différents problèmes societaux. Pour le gouvernement, c’est aussi une manière de « sous-traiter » et de profiter de ces start-ups pour résoudre certaines problèmes. »

 

Avez-vous rencontré des difficultés dans la création de votre business ?

 

« Le réseau est très important au Chili quand on veut se lancer. Il faut connaître un maximum de personnes afin de ne pas être freiné dans les démarches. Il faut savoir qu’en tant qu’étranger, il faut s’associer avec un Chilien lorsque l’on lance une entreprise. Il était donc difficile pour nous de trouver la bonne personne, un représentant légal ayant confiance en nous et apte à assumer de prendre de nombreux risques. Par ailleurs, cette contrainte provoque aussi une dépendance complète envers le représentant légal. Nous avons constamment besoin de lui pour signer tous les papiers administratifs.

En tant que Français, nous avons parfois des problèmes de communication avec les Chiliens. Ces derniers sont très “relax”, ils n’ont pas cette habitude d’être carré.

Nous sommes trop souvent freinés par notre manque de spécialisation sur certains sujets, notamment en lien avec l’agroalimentaire. Il manque certains éléments dans notre équipe afin d’avoir une complémentarité. Il nous faudrait un nutritionniste et un ingénieur agro alimentaire. »

 

Quels conseils pourriez-vous donner à un entrepreneur désirant s’implanter au Chili ?

 

« Je pense qu’il faut préparer son expatriation au maximum. Une phase d’observation du marché est préférable afin d’apprivoiser l’environnement.

Aussi, Il faut absolument en parler le plus possible aux personnes qui nous entourent (locaux et étrangers) et se renseigner. Gagner la confiance de certaines personnes peut devenir un véritable tremplin pour son business.

Enfin, je conseille d’être flexible et adaptable lors de la croissance du projet. Il faut garder un fil directeur mais ne jamais rechigner à changer légèrement de direction car dans l’entrepreneuriat rien ne se passe jamais comme prévu. »

Valentino, aurais-tu un livre qui t’a plu et que tu conseillerais ?

 

« En ce moment je lis pas mal de choses sur le développement personnel, qui est un élément clef dans l’entrepreneuriat. Deux livres m’ont tout particulièrement marqué.

« La semaine de 4h » de Tim Ferriss est un classique pour les personnes voulant changer de routine.
En lisant une page, j’ai rapidement eu un déclic et envoyé un SMS à Maëlle en lui demandant :
Pourquoi ne pas créer une entreprise nous-même ? Pourquoi travailler pour un autre alors qu’on peut le faire pour soi-même ?

L’autre livre s’appelle « Miracle Morning » de Hal Elrod, je le lis actuellement. Il partage plusieurs méthodes sur la manière de s’offrir un supplément de vie en se levant plus tôt le matin : s’offrir une heure le matin pour prendre soin de soi et de son esprit, lire, faire du sport afin de mieux s’affirmer. »

 

 

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