Ezstay – Chatesat

Pouvez-vous nous présenter un peu de vous ?

Je viens d’un petit village près de Bagan, où ma famille tient une imprimerie. Comme j’étais assez bon à l’école, mes parents ont décidé de m’envoyer à l’université. Je suis donc arrivé à Yangon en 2008 pour étudier l’ingénierie. Depuis, je vis ici à Yangon. C’est à ce moment que commence l’aventure Ezstay

Comment êtes-vous devenu entrepreneur ?

Après ces années d’études, j’ai décidé de lancer mon entreprise avec un ami de l’université. L’idée initiale était de lancer une plateforme pour aider les Birmans à trouver des colocataires. Le prix d’une location d’appartement est le plus gros problème pour quiconque veut s’installer à Yangon. En effet, il faut payer 6 mois d’avance et le loyer mensuel équivaut à plusieurs mois de salaire. La conséquence est que la plupart des gens partagent leur appartement avec des colocataires. Pour autant il n’y a pas de solution simple pour les trouver.

C’est pourquoi, nous avons eu l’idée de créer une plateforme Ezstay pour mettre en relation des colocataires potentiels. Nous l’avons lancée et elle a plutôt bien fonctionné. Mais nous avons vite réalisé que le marché était trop petit pour envisager de vivre dessus. À cette époque, le pays commençait à s’ouvrir sur le monde et le tourisme explosait, nous avons alors décidé de pivoter. L’idée était alors de créer le Airbnb du Myanmar. Nous nous sommes vite heurtés à des problèmes juridiques. En effet, il est interdit aux Birmans d’accueillir des étrangers sans les licences d’hôtel appropriées. Nous avons essayé pendant un certain temps de trouver un moyen de contourner cette contrainte, mais nous n’y sommes pas parvenus. 

Vous en étiez donc à un stade où vous deviez faire des choix sur l’orientation d’Ezstay, quelles solutions avez-vous trouvé ?

À ce moment-là, nous sommes entrés dans un nouvel accélérateur qui venait de s’ouvrir : Phandeeyar (https://rocketbike.org/phandeeyar-lincubateur-historique-de-yangon/). Nous avions vraiment besoin de l’aide de personnes expérimentées pour trouver le pivot que nous recherchions. Nous avons donc écouté les conseils de ces experts et avons décidé de changer notre proposition de valeur. Ezstay s’est donc lancé dans une solution de réservation d’hôtel à travers le pays, nous avons levé 25 000$ auprès de l’accélérateur et nous avons démarré cette nouvelle activité. 

À cette époque, Booking était déjà un acteur majeur, n’est-ce pas ? Qu’est-ce qui vous différenciait d’eux ?

Booking est fait pour les étrangers qui voyagent dans le monde entier, donc les hôtels Birmans qui accueillent les touristes y sont enregistrés. Cependant, tous les hôtels du pays ne sont pas sur Booking car ils ne sont pas tous autorisés à accueillir les touristes. Pour autant beaucoup de Birmans voyagent à l’intérieur du pays, nous avons essayé de leur fournir une solution pour réserver facilement leur voyage au prix adapté. Mais nous sommes rapidement arrivés à court d’argent et nous avions besoin de plus fonds. Nous n’avons pas pu passer à la phase suivante de financement, car les investisseurs n’avaient pas confiance dans le modèle et dans la différence que nous pouvions apporter face à Booking. Mon associé est alors parti et je n’ai pas eu d’autre choix que d’arrêter Ezstay.

Quelles ont été les leçons que vous avez apprises?

J’ai appris qu’il fallait être très clair dans son esprit sur la segmentation du marché dans lequel on évolue. Ma plus grande erreur a peut-être été de me lancer dans une activité couverte par un géant tel que Booking, et d’essayer d’apporter des éléments de différenciation trop mineurs . Il était alors trop difficile de convaincre les investisseurs de ma valeur ajoutée. 

Pour résumer ce que j’ai appris : soyez clair sur la segmentation du marché, et soyez clair sur votre valeur ajoutée sur celui-ci.

Après cela, comment avez vous rebondi?

A la suite de cette période difficile, un de mes amis que j’avais rencontré à Phandeyaar m’a demandé si je pouvais rejoindre sa société. J’ai donc rejoint Chatesat qui avait été créée en même temps qu’Ezstay. Je l’ai rejoint en tant que COO (Chief Operating Officer). Je reste donc dans un esprit entrepreneurial, mais pas dans ma société cette fois-ci.

Pouvez-vous nous en dire un peu plus sur Chatesat ? 

Chatesat est une plateforme qui a pour but de mettre en relation des indépendants avec des entreprises ayant besoin d’externaliser un projet. Il y a une très grande variété de projets. Cela va du développement web au design graphique en passant par la traduction. La plateforme fonctionne comme une vente aux enchères : l’entreprise cliente met un projet sur la plateforme, puis les freelance candidatent en demandant un certain prix. l’entreprise peut alors vérifier les antécédents du freelance, les projets qu’il a réalisé avec Chatesat, la note globale qu’il a obtenu dans ses projets précédents, et choisir entre les différents candidats. 

Chatesat offre à l’entreprise de nombreux avantages dans la réalisation de ses projets. Tout d’abord, le prix du projet est basé sur la loi de l’offre et de la demande, donc elle se verra offrir le prix le plus compétitif. Elle a le choix entre les nombreux freelances qui travaillent avec nous sans avoir à contacter chacun d’entre eux. Pour les freelances, un offre importante d’emplois leur est fournie directement, de sorte qu’ils peuvent rester indépendants et travailler pour de grandes entreprises.

Quel est le modèle économique de Chatesat ?

Nous offrons 3 types de services pour les projets des entreprise clientes :

  • Le modèle standard où est proposée à l’entreprise une sélection de freelances qui n’ont pas nécessairement déjà travaillé avec Chatesat. Ils n’ont donc pas de note de projets précédents.
  • Un modèle premium, où l’entreprise reçoit une sélection des meilleurs freelances capables de travailler sur le projet. Ils sont choisis sur la base de leurs notes des projets précédents. 

Dans le cas de ces deux premières solutions, nous facturons des deux côtés de l’équation: à l’entreprise et au freelance. 

  • Nous avons une troisième solution pour les entreprises : nous traitons tous les aspects d’un même projet. Cela signifie que nous nous occupons du recrutement du meilleur freelance possible, de la signature du NDA (Non Disclosure Agreement), de tous les aspects de celui-ci et nous livrons le projet terminé. Nous facturons donc la prestation à l’entreprise dans son intégralité. 

Quelles sont les prochaines étapes de Chatesat ?

Nous devons sécuriser notre position au Myanmar, nous développer dans tout le pays. Ensuite, quand nous serons suffisamment établis, peut-être aller à l’étranger. Il y a encore beaucoup à faire ici dans le pays, beaucoup de clients potentiels à convaincre, donc nous voulons nous concentrer sur le marché local. Actuellement, nous avons plus de 25 000 freelances sur la plateforme et plus de 5000 entreprises qui nous font confiance. Nous avons donc encore beaucoup de possibilités en termes d’acquisition de clients. 

Si vous voulez en apprendre plus sur sa nouvelle aventure, n’hésitez pas à aller regarder leur site: https://chatesat.com/

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