« Le Pérou est venu naturellement en première position dans mes choix. C’est aujourd’hui la capitale culinaire d’Amérique latine, tous les grands chefs cuisiniers viennent s’installer au Pérou. Il y a une culture de la nourriture, il faut simplement travailler sur le vin »

« Il y a tout à faire ici. D’un point de vue business, c’est énorme »

 

Rencontre avec Bruno Zgorecki, fondateur de In Vino Frances Veritas

 

D’où viens-tu ?

« Mon parcours professionnel est assez international, j’ai quasiment 20 ans d’expérience en finance, en ayant eu une vie assez mouvementée et rythmée par l’étranger.
Outre la France, j’ai travaillé pendant 8 ans à Londres, puis 3 ans à Madrid et une année à Los Angeles.

J’ai passé mes 10 dernières années en tant que cadre supérieur chez Sony Picture, à la direction financière de Sony.

Après ces quelques années éprouvantes physiquement et mentalement, j’ai voulu prendre du temps pour moi.  J’ai alors décidé de prendre 8 mois de vacances au lieu de revenir travailler dans le domaine du conseil. »

 

Peux-tu nous expliquer comment t’es venue cette idée ?

« J’ai une maison en Provence, une région ayant beaucoup d’importance à mes yeux.  Il faut savoir que le vin, notamment le rosé, omniprésent là-bas, est en pleine expansion.

Afin de vous donner une petite idée, voici quelques chiffres révélateurs du marché du vin en France. La France est le premier exportateur mondial, avec un marché de 9 milliards d’euros. Le vin représente le deuxième poste d’exportation, devant le luxe. Il représente 3,3 milliards de bouteilles vendues par an. La France est aussi le premier producteur en valeur et en volume, le deuxième consommateur de vin après les Etats-Unis.

Aujourd’hui, je pense que le marché du vin ne s’est jamais aussi bien porté et est en pleine effervescence.

De ce fait, ayant beaucoup d’amis travaillant dans ce domaine, une maison en Provence, et une situation professionnelle qui ne me plaisait plus, je voulais vivre autre chose.
J’ai décidé de voyager en Amérique du sud, de là est né mon projet.

On pensait à notre vie malheureuse au bord d’une plage au Brésil. on se disait que ce serait pas mal d’avoir une vie au soleil et d’ouvrir quelques bars français et des bars à vins. Il fallait donc trouver du vin, mais du vin à moindre coût afin d’être rapidement rentable.

Les importations en vin sont très chères, cela semblait impossible de pouvoir importer du vin pour ouvrir ensuite des bars.

On voulait donc faire les deux. Ouvrir un bar à vin et mais aussi distribuer en parallèle du vin en Amérique du Sud afin de fournir nos propres bars.

L’aventure commence donc au Pérou.
J’ai organisé pour cela une structure particulière. Ayant monté une entreprise de distribution de vin en France, cette dernière vend les bouteilles à mon autre entreprise au Pérou. Cette structure mise en place me permet de gérer ma chaîne logistique et financière mais aussi d’avoir un pied en France afin de m’assurer une garantie auprès des producteurs locaux.

Aujourd’hui à Lima, vous avez 3 GMS qui dominent le marché au Pérou et toute la grande distribution est tenue par des chiliens. Par conséquent, le business se fait majoritairement entre chilien sur ce réseau de distribution. Mon choix s’est donc naturellement tourné vers une vente on-line sur internet afin de cibler notamment les jeunes.

Sur le Pérou, je travaille donc actuellement sur une plateforme de vente en ligne. L’idée est de développer cette plateforme pour créer ce qui est aujourd’hui inexistant sur ce marché.

Cependant, l’Amérique du Sud manque de culture et d’histoire au niveau du vin. Il faut donc pour démocratiser le vin, passer par la formation. Le vin français est complexe. Expliquer le vin Français, la géographie et la culture française sont des choses primordiales. Montrer que cela fait partie de la culture européenne en organisant des conférences, en montrant des photos de nos paysages Français, des particularités de chaque région, de nos nombreux cépages et variétés de producteurs. L’idée est de capter une certaine classe sociale, expliquer le vin français, montrer que ce n’est pas un produit d’élite, mais bien un symbole de notre culture. Par conséquent, je souhaite être relativement agressif au niveau des prix sans pour autant descendre en dessous d’un certain seuil, afin de respecter l’image de marque et le prix psychologique dans l’esprit du consommateur. »

 

Le vin en Amérique du Sud, une opportunité de marché ?


« Les vins en Amérique sont plutôt corrects voir très bons. Cependant, leurs prix varient et sont parfois très élevés, notamment dû à l’exportation. Par ailleurs, ils utilisent le savoir-faire étranger et des oenologues réputés, ce qui influe beaucoup sur le prix final. »

 

Pourquoi as-tu décider de commencer par le Pérou ?

« Le Pérou est venu naturellement en première position dans mes choix. C’est aujourd’hui la capitale culinaire d’Amérique latine, tous les grands chefs cuisiniers viennent s’installer au Pérou. Il y a une culture de la nourriture, il faut simplement travailler sur le vin.
Par ailleurs, si l’on considère la génération des jeunes, il y a un gros gap générationnel. La manière de fonctionner est en train de changer et d’évoluer énormément. Les jeunes veulent se comporter comme des européens. Ils veulent adopter ce type de consommation.

Lima, la capitale du Pérou, est je pense le futur Mexico. 120 000 vénézuéliens viennent s’expatrier. Les visas sont relativement simples à obtenir. Le problème reste le suivant, il y a deux sortes d’immigrations. On retrouve de la bonne main d’oeuvre, des grands esprits qui cogitent mais aussi le reste…

Enfin, le Pérou, c’est aujourd’hui 3,5 millions de touristes par an. Cependant, dans les 5/10 années à venir, cela risque de tripler. Les sites touristiques mythiques risquent d’exploser d’ici les prochaines année, et les hôtels de luxe aussi. Les hôtels de luxe, bien que prestigieux, n’offrent pas de vins haut de gamme dans leurs offres. Il y a une vrai coup à jouer là dessus. Proposer un vin prestigieux à une clientèle de luxe reste quelque chose de primordial. »

 

Quels sont vos moyens de communication ?

« Nos moyens de communication passent bien-sûr par les réseaux sociaux en utilisant des influenceurs sur Facebook et Instagram. J’essaye notamment d’associer la gastronomie péruvienne avec des vins français afin de développer la curiosité du consommateur sud américain.

Il faut ensuite adapter notre communication à chaque classe sociale, notamment pour notre gamme bio, s’adressant plus à une clientèle jeune et hypster. »

 

Quelles ont été les plus grandes difficultés afin de lancer ton activité ?

« Les formations. Malheureusement le Pérou n’offre pas de formations dans des écoles prestigieuses. Seul une faible catégorie de la population peut se payer des études offrant une formation de renommée.

La mentalité. La mentalité est différente bien sûr. Travailler avec des sud américains s’avère parfois très dur. En France, on nous a toujours appris à faire le travail de trois personnes et être polyvalent. C’est complètement différent au Pérou. La lenteur est une des grandes difficultés au Pérou, notamment pour l’administratif.

Le pouvoir d’achat et le comportement du consommateur sont pour moi un autre frein dans le lancement de mon business. Il faut s’adapter à ces deux critères et prendre en compte chaque spécificité. Il est toujours compliqué de faire changemer le comportement d’achat d’un péruvien. Ces derniers sont conformistes et manquent de curiosité. »

 

Quels conseils pourrais-tu donner à un entrepreneur désirant s’implanter au Pérou ?

« Il y a tout à faire ici. D’un point de vue business, c’est énorme (société de service, hôtellerie, énergies renouvelables…).
Le contexte en France est difficile, les marchés sont saturés, alors qu’ici tout est à créer. Par ailleurs, la culture sud américaine se rapproche de notre culture occidentale. Je conseille cependant de venir avec du capital, une grande patience et bien sûr de la persévérance. »

 Merci Bruno ! 

Contacts utiles :

contact@invinofrancesveritas-deli.com

http://www.invinofrancesveritas.pe

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